Je venais justement de lire dans Takiguchi Yudo: "La littérature habituelle est presque toujours ennuyeuse, souvent elle emploie des moyens détournés et obscurs pour transmettre un message bien simple. Rarement on y trouve un contenu enrichissant."

Avant qu'il quitte la pièce, je lui demandai si je pouvais participer à la séance de zazen. Il refusa avec fermeté, prétextant que j'aurais mal aux jambes et qu'il ne servait à rien de se presser, ce qui bien sûr attisa encore plus l'envie que j'avais d'essayer. Puis je me retrouvai seul, tout à fait à mon aise dans cette pièce où s'amoncelaient tant de livres anciens sur le bouddhisme. J'étais surpris qu'un homme si modeste d'allure ait pu lire autant. Je goûtai le fruit de kaki qu'il m'avait si gentiment offert, mais il était si amer, si âcre, qu'aussitôt mes papilles semblèrent comme tétanisées. Je me demandai si le maître l'avait fait exprès et avait voulu se moquer de moi mais, impressionné par sa gentillesse, j'essayai quand même le second kaki. Il me sembla beaucoup plus doux, peut-être ma langue s'était-elle habituée. J'en choisis soigneusement un troisième qui paraissait plus mûr: Ah! enfin! celui-là était vraiment délicieux. A force d'essayer, j'avais tout de même trouvé. Le quatrième était au moins aussi bon. Puis je me tournai vers les livres que le maître m'avait laissés. Je commençai par son carnet de notes.

Tout de suite je tombai sur des remarques qui me frappèrent par leur profondeur. En voici quelques extraits qui me sont restés à l'esprit:

Maitre Taisen Deshimaru en posture de zazenZazen, c'est appréhender quelque chose de l'esprit du Bouddha, par l'expérience.
Zazen, c'est changer radicalement notre propre esprit.
Zazen est une révolution fondamentale de notre vie.
Zazen, c'est renaître, c'est découvrir une vie nouvelle.
Zazen, c'est passer sous un arc de triomphe. C'est la plus grande victoire de notre vie.
Le vrai zazen est la grande porte pour pénétrer le secret du bouddhisme.

Et zazen est lui-même le secret et l'essence du bouddhisme.

Zazen est lui-même le satori (l'illumination). Le satori n'est que la pratique du zazen.
Zazen n'est ni l'austérité ni la mortification. C'est le véritable accès au bonheur, à la paix, à la liberté.
Zazen, c'est la re-création de soi-même, et c'est la compréhension du vrai soi.
Zazen n'est ni un raisonnement, ni une théorie, ni une idée. Ce n'est pas une connaissance à saisir par le cerveau, c'est uniquement une pratique.
Zazen n'est pas un "jeu" dialectique, ni un concept philosophique.
Zazen, c'est la suprême sagesse. C'est trouver la vraie liberté de notre esprit.
Zazen est la percée de l'homme vers l'ultime et sa possibilité d'expérimenter la réponse de l'ultime.
Zazen, c'est la transmission du véritable esprit du maître au disciple. C'est une transmission directe, une communication immédiate d'esprit à esprit, d'être à être.

Zazen, c'est l'abandon de tout notre moi. C'est l'oubli de notre moi. C'est le total renoncement à ce moi. Car nous ne pouvons trouver tout qu'en abandonnant tout.
Zazen, c'est se fondre avec tout l'univers.

Réfléchis, analyse tes besoins spirituels, tourne-toi vers les requêtes fondamentales et suprêmes de l'homme. Le Zen est une nouvelle vie.
Le Zen nous permet de nous adapter à notre environnement, mais non de nous laisser submerger par lui. Nous ne devons pas nous laisser dominer par notre histoire ni par la société dans laquelle nous vivons, mais en aucun cas nous ne devons l'ignorer ou être incapable de nous harmoniser avec elle.

Le Zen nous permet d'aller jusqu'au bout de notre solitude; l'homme seul doit pouvoir découvrir jusqu'au plus intime de lui-même. Comme le Shodoka l'exprime si bien, il avance seul celui qui est émancipé.
Un homme saint n'a besoin de rien. Celui qui a atteint son véritable moi avance à grands pas, personne ne lui est supérieur, il se sent un avec l'univers ".

Méditation zen : retraites

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Quelque profonde que puisse être notre connaissance des idées abstruses, c'est comme un cheveu dans l'immensité du vide.Aussi grande que soit notre expérience des choses de ce monde, c'est comme une goutte jetée dans un abîme insondable.

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