Le temple zen Eiheiji au JaponMaître Nyojo était un être très exigeant et rigoureux. Un jour, au cours d'une sesshin, Dogen reçut un grand choc. Alors qu'il était assis en zazen, son voisin s'endormit sur son zafu. Nyojo d'une voix forte s'écria: " Shin jin datsu raku (rejetez le corps et l'esprit)! " Et il frappa fortement le moine avec sa sandale le faisant tomber de son siège. En entendant ces paroles l'esprit de Dogen subit une révolution intérieure. Après zazen il rendit visite à son maître dans sa chambre. Il lui dit: "Shin jin datsu raku, j'ai abandonné le corps et l'esprit". Nyojo lui répondit:"Datsu raku shin jin, abandonne de nouveau le corps et l'esprit".

Dogen resta encore deux ans auprès de Nyojo puis décida de retourner au Japon. Son maître lui confirma qu'il était alors temps de transmettre à son tour I'enseignement du bouddhisme en aidant les autres à s'éveiller à la vérité universelle. En 1227 Dogen retourna au Japon. Il ne ramena rien d'autre que la pratique de zazen, shikantaza, telle que la lui avait enseignée son maître. A son retour au Japon, on lui demanda: " Qu'avez-vous rapporté? " Dogen répondit: " Je suis revenu les mains vides. " Dans son recueil Eihei Koroku, il écrira plus tard: " Ayant seulement étudié avec mon maître Nyojo et ayant pleinement réalisé que les yeux sont horizontaux et le nez vertical, je reviens chez moi les mains vides... Matin après matin, le soleil se lève a l'est; nuit après nuit, la lune s'enfonce à 1'ouest. Les nuages disparaissent et les montagnes manifestent leur réalité, la pluie cesse de tomber et les Quatre Montagnes (la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort) s'aplanissent. "

Le temple zen Koshoji - Biographie du Maitre Zen Eihei DogenDogen s'installa d'abord à Kennin-ji, temple de Myozen, son premier maître avec lequel il était parti en Chine et qui mourut pendant leur voyage. C'est dans ce temple qu'il écrit son premier recueil: le Fukanzazengi, les règles universelles pour la pratique du zazen. C'est le point essentiel de son enseignement: seulement s'asseoir dans une posture exacte sans rechercher quoi que ce soit, en laissant passer les pensées comme des nuages dans le ciel.

Puis Dogen quitta le temple de Kennin-ji pour s'installer successivement dans trois temples, tous situes dans la région de Kyoto: Annyoin, un petit ermitage en 1230, puis Kannon Dorin en 1233 et enfin Kosho-ji où, grâce a des donations, il construisit le premier monastère zen véritablement indépendant du Japon en 1236. A Kosho-ji il commença la rédaction des premiers chapitres de son oeuvre monumentale: le Shobogenzo, " Le Trésor de I'Oeil de la Vraie Loi ", quatre-vingt quinze chapitres qui contiennent I'essence de sa vision philosophique et religieuse.

Chemin menant au dojo du temple zen EiheijiEntre 1233 et 1243 de nombreux disciples le rejoignirent et suivirent son enseignement, notamment Ejo (en 1234) qui deviendra son successeur. Sa renommée devint sans cesse grandissante. Il incitait à pratiquer assidûment et profondément comme le lui avait enseigné son maître Nyojo en Chine. Le succès de Dogen, le souffle nouveau qu'il apporta à un bouddhisme sclérosé lui attirèrent I'animosité, puis une hostilité grandissante de la hiérarchie cléricale. Et en 1243, des moines du mont Hiei tentèrent d'incendier son temple de Kosho-ji. Dogen décida alors de s'éloigner de l'agitation des villes et des troubles qu'elles peuvent créer dans I'esprit. Grâce a l'appui d'un disciple laïc, seigneur de la province d'Echizen (de nos jours préfecture de Fukui), dans le nord-est du pays, sur la côte de la mer du Japon, il construisit un nouveau temple, qu'il baptisa après, temple de la paix éternelle, Eihei-ji, dont Ejo plus tard sera le supérieur après sa mort.

Là, dans le calme de la montagne profonde, il continua a enseigner le Zen à ses disciples et poursuivit la rédaction du Shobogenzo. II resta éloigné dans ce temple et n'en sortit qu'une seule fois durant l'hiver de 1247-1248 pour se rendre à la cour du shogun a Kamakura, sur I'invitation du général Hojo Tokiyori. Tokiyori était complètement fasciné par Dogen et lui proposa de rester près de lui et de lui construire un grand monastère. Dogen refusa, préférant la solitude, il continua à écrire et à pratiquer zazen jusqu'en 1252 ou, âgé seulement de cinquante-deux ans, il tomba gravement malade. Il se rendit à Kyoto pour se faire soigner, sans succès. Il s'éteignit le 28 août 1253 au temple de Takatsuji.

La sagesse la plus haute est sans but, sans conscience.On ne peut l'obtenir qu'inconsciemment, naturellement, automatiquement.

Taisen Deshimaru

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