Maitre Eihei Dogen, auteur du Fukanzazengi

En 1227, quand Dogen rentra de Chine au Japon, il se sentait chargé d'une lourde responsabilité, celle d'enseigner à ses concitoyens le vrai dharma, dont il avait acquis la connaissance au cours ces quatre ans passés sur le continent. Cela l'occupera sans répit, pendant les vingt cinq dernières années de sa vie. Son premier pas dans cette direction fut la rédaction du Fukanzazengi (pour la diffusion universelle des principes de zazen). Il s'agit d'un petit traité en chinois, qu'il acheva à l'âge de vingt-sept ans, l'année de son retour à Kyoto. Comme il nous le dit à la fin du Bendowa, qu'il écrivit quatre années plus tard environ : "la pratique et le principe de ce zazen doivent reposer sur le Fukanzazengi que j'ai composé au cours de la précédente période Koraku." 

On peut se demander si un seul autre écrit de Dogen a exercé une influence plus pénétrante ou plus profonde sur ses disciples de l'école Soto ; et c'est, bien sûr, exactement ce qu'il avait souhaité. En s'en tenant pour une bonne part au genre traditionnel du Zazengi, en exploitant aussi d'autres textes zen, en employant une prose déclamatoire, Dogen, nous pouvons en être certains, était parfaitement conscient du rôle fondamental qu'un tel ouvrage jouerait dans la diffusion de zazen. On peut mesurer le succès de ce texte court, mais d'un abord difficile, au fait qu'il fut longtemps le texte vénéré de l'école Soto, celui qu'on récitait dans les temples zen Soto, aux séances de méditation du soir, et en d'autres circonstances appropriées.

Naturellement, il existait déjà des manuels de zazen (Zazengi) semblables à celui de Dogen. En Chine, on en utilisait couramment quatre et peut-être davantage. L'un d'eux était inclus dans des histoires du Zen, dont le Ching-te ch'uan teng lu (Keitoku Dentor-oku) est le plus célèbre. Contemporain de Dogen, Lan-Ch'i (Rankei : 1203-1268), moine rinzaï de la période Song qui débarqua au Japon en 1246 et devint le premier supérieur de Kencho-ji à Kamakura, fut l'auteur d'un Zazenron, autre petit traité de zazen. L'un des plus répandus dans les temps anciens fut celui qu'on trouve dans le Po-chang ch'ing-kuei (Hyakujo Shingi), le premier recueil de préceptes monastiques qui concerne la vie des moines et la discipline dans les monastères zen. Il fut compilé et publié par Pochang (Hyakujo : 720-814), religieux très connu de la période Tang. II marqua une étape importante dans l'histoire du Zen en Chine, et pendant des années ensuite, on l'étudia dans presque tous les monastères et temples zen. Il tint un rôle essentiel dans la formation et le développement d'une école zen indépendante. On dit toutefois que le texte original de ce règlement fut perdu à la fin de la période Song et qu'il en résulta une altération profonde de la règle dans les monastères zen.

En 11-03, dans une tentative pour retrouver la pensée originelle de Po-chang, un moine de la lignée de Yun-men, Chang-lu Tsung'i (Choro Soi), composa un nouveau recueil de règles, le Ch'an-yuan ch'ing-kuei (Zennen Shingi). Pour composer son Fukanzazengi, Dogen s'inspira du Zazengi inséré dans l'ceuvre de Tsung'i, mais il le modifia quelque peu et ajouta au début et à la fin ses vues personnelles sur zazen. La lecture du Fukanzazengi Senjutsu Yurai (Arguments en faveur du Fukanzazengi), courte note manuscrite de la main de Dogen que l'on conserve toujours à Eihei-ji, nous apprend que Dogen avait l'impression que le Zazengi de Tsung'i n'avait pas réussi à transmettre la véritable signification du zazen de Po-chang. Voici ce document dans son entier.

Pour le bodhisattva, grâce à la sagesse qui conduit au-delà,il n'existe ni obstacle ni crainte. Toute illusion et tout attachement sont éloignés et il peut saisir la fin ultime de la vie, le nirvana.

Kannon

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