Le camp d’été est une opportunité unique d’approfondir la pratique du zen pour tout le monde. C’est l’ango, qui se traduit en japonais par séjour paisible
ou demeurer en paix
, rendez-vous incontournable de la sangha.
C’est une tradition millénaire que nous perpétuons chaque année. Elle remonte au temps du Bouddha en Inde, où il se retirait avec ses disciples lors de la saison des pluies.
Le camp réunit les moines, nonnes, bodhisattvas, et toutes les personnes désireuses de vivre une expérience authentique au temple zen Yujo Nyusanji en France ou au temple zen Shobogenji en Argentine.
Franchir la porte d’un temple zen, c’est choisir de faire une pause, de se retirer des turbulences de la vie sociale pour retrouver calme et sérénité, devenir intime avec soi-même. C’est un moment fort de l’année et une parenthèse précieuse pour se ressourcer pleinement.
Un camp d’été est découpé en trois sessions d’environ dix jours. Il y a généralement une période de préparation de cinq à six jours suivie de trois ou quatre jours de sesshin (période de pratique plus intense).
Chaque jour est rythmé par le zazen, la participation aux tâches quotidiennes traditionnelles des temples, le samu (cuisine zen, potager, entretiens, etc.), mais aussi la couture du kesa, du do in, du shiatsu, du yoga, etc.
Le camp d’été, c’est aussi faire des rencontres, retrouver la sangha, profiter de l’air pur dans la montagne pour des randonnées. Faire du sport, faire la fête (un soir prévu par session), le tout en étant présent ici et maintenant.
Qui peut participer ?
Comme toutes nos retraites zen, le camp d’été est ouvert à toute personne en bonne santé désireuse de découvrir ou d’approfondir la pratique de la méditation zen (zazen). La règle étant de suivre le rythme et de ne pas déranger les autres.
Bien sûr, un camp étant assez exigeant, a fortiori pour les personnes débutantes, il est recommandé de faire auparavant une initiation au zazen, la méditation zen, dans un des multiples lieux de pratique de notre association.
Être permanent
Chaque été, une équipe de permanents joue un rôle essentiel dans la vie du camp. Ce sont des personnes engagées, qui restent sur place pendant toutes les sessions et contribuent activement à l’organisation et au bon fonctionnement du camp.
Vivre l’expérience d’un camp comme permanent, c’est s’engager dans une aventure humaine et spirituelle unique, au cœur de la pratique zen. C’est aussi bénéficier d’un tarif spécial pour le séjour, en reconnaissance de son engagement.
C’est l’occasion de s’immerger dans la vie du temple, de contribuer aux préparatifs dans un esprit de présence, et de partager des moments simples et profonds.
Pour plus d’informations et s’inscrire, consultez les conditions selon le camp d’été, le prochain au temple Yujo Nyusanji se trouve sur cette page.
Les débutants sont les bienvenus ! Des pratiquants anciens seront là pour vous accompagner. Aucune expérience préalable n’est nécessaire. Seule condition requise : venir avec une réelle motivation spirituelle, de la bonne humeur et l’envie de vivre une expérience riche dans un temple zen.
Les permanents doivent venir un jour avant le début de la première session et repartir un jour après la dernière pour aider à préparer et ranger le temple.
Recevoir l’ordination
Les ordinations de bodhisattva, moine et nonne, ont lieu à la fin du camp, pendant la sesshin de la 3e session.

Témoignages vidéo
Des pratiquants assidus des camps d’été zen, en commençant par notre cher maître Kosen, partagent leur vision du camp et ce qu’ils apprécient tout particulièrement :
Maître Pierre Soko Leroux
(Dirige la 1re session, édition 2026)
Maître Pierre Soko Leroux est moine zen depuis 1986. Il s’établit en 1999 à Barcelone et y cofonde le Dojo zen Ryokan.
En 2009 il reçoit la transmission (shiho) des mains de maître Kosen. Il transmet la pratique du zen depuis 2013 au Mexique et depuis 2016 au Chili. Il anime des sessions de méditation en Europe, au Chili, au Mexique et en Argentine.
Maître Christophe Ryurin Desmur
(Dirige la 2e session, édition 2026)
Christophe Ryurin Desmur est moine zen depuis 1989 et est responsable de la pratique du zen à Lyon.
Professeur de calligraphie chinoise, il est le calligraphe officiel de l’association Zen Deshimaru.
Il a reçu le shiho des mains de maître Kosen le 8 octobre 2009.
Maître Paula Reikiku Femenias
(Dirige la 3e session, édition 2026)
Maître Paula Reikiku Femenias a commencé zazen en 1990 en Suède. Pendant des années, elle a suivi maître Kosen à Amsterdam et à Montpellier. Elle reçoit la transmission, le shiho, des mains de maître Kosen en 2015.
Depuis 2011, elle est de retour en Suède où elle dirige un groupe de zazen. Paula est mariée et mère de deux enfants. Elle travaille et continue la pratique au temple zen Yujo Nyusanji.
Enseignement de maître Kosen sur le camp d’été
Le but du camp d’été, l’objet du camp d’été, c’est de pouvoir approfondir la pratique de zazen. On répète tout le temps :
— Dans le zen, il n’y a pas de but.
C’est très important de définir son but. Pourquoi je fais ça ? Pourquoi je viens là ? Et je me rends compte que beaucoup de gens visent une chose et vont dans une autre direction.
Donc, le camp d’été, c’est désirer (on dit qu’il ne faut pas avoir de désir, mais il faut savoir ce qu’on désire !), c’est désirer pratiquer zazen plus profondément, plus intensément, et pour les débutants, découvrir ce qu’est le zazen.
Alors, quand on veut obtenir quelque chose, il ne faut pas se détourner de son but, commencer à chercher dans un sens, puis après regarder ailleurs, changer de direction et après se dire :
— Ah bien non, c’est ça que je veux.
Sans ça, on ne peut jamais rien obtenir.
Donc, d’abord définir son but, son désir, et ensuite se donner toutes les possibilités de le réaliser. Le camp d’été, c’est essayer de se donner le maximum de possibilités pour pratiquer zazen dans les meilleures conditions. On doit favoriser ça et essayer de trouver la manière dont on va être le mieux possible.
Il faut bien comprendre que par exemple, ici, la nourriture est bonne, saine, en majorité végétarienne, cuisinée par des gens qui connaissent un peu la diététique, mais on ne vient pas ici pour bouffer. On peut utiliser cette nourriture pour nous aider à la pratique. Si on mange trop, ça va nous déranger, donc on va s’éloigner du but qu’on s’est fixé.
Parmi les personnes qui sont venues, un peu de tous les pays, certaines vont nous intéresser plus que d’autres. On a l’occasion de se rencontrer, de se connaître, d’avoir le plaisir de la compagnie d’autres personnes intéressantes, sympathiques et qui plus est, qui ont apparemment le même but que nous, puisqu’elles viennent pratiquer aussi le zen. Mais nous ne sommes pas venus là pour rencontrer des gens.
Parfois, on vient en famille, parce que c’est la meilleure possibilité pour nous pour venir, parce qu’on ne peut pas laisser les enfants. Parfois même, des conjoints, qui ne sont pas passionnés par le zazen, accompagnent leur femme ou leur mari, ils viennent pour favoriser la pratique de leur partenaire, c’est très généreux. Donc, parfois, on vient avec le mari, la femme, les enfants, mais on ne vient pas pour passer des vacances en famille, on amène la famille parce que c’est la meilleure façon pour nous de pouvoir pratiquer zazen.
Donc tout est comme ça, pendant le camp d’été. On est libre.
Si la confrontation avec vous-même est un peu difficile, vous pouvez fumer, une bonne cigarette peut vous détendre. Il y a même un bar, un peu de musique pour danser, pour enlever éventuellement les tensions générées par le zazen. On peut même boire un peu d’alcool. Tout est à notre disposition, mais évidemment, on n’est pas venu ici pour aller au bar ou en boîte de nuit ou pour trouver un partenaire sexuel.
En fait, on pourrait garder seulement le dojo et gommer tout le reste. Seulement le zazen dans le dojo est important ici. Pendant ce mois d’août, on a l’occasion véritablement de découvrir et d’approfondir la pratique. Et même en dehors de zazen, on est encore concentré sur le zazen. On se prépare, on se met dans les meilleures conditions, on peut se faire des massages, faire du yoga.
Maître Kosen lors du camp d’été 2003.











