Le bouddhisme zen est-il une religion ?
Le mot religion
dériverait du terme latin religare
, c’est-à-dire relier
.
Selon maître Deshimaru, la pratique zen est la religion d’avant la religion
, celle qui précède les mots, les doctrines et les divisions. Elle ne s’embarrasse pas de dogmes.
Par la pratique de la méditation zen (zazen), le zen nous relie, met en évidence le lien avec notre nature de Bouddha
, les conditions normales que toutes les personnes ont en elles. Ainsi, la pratique de zazen vise à retrouver, à toucher le Bouddha qui est en soi, c’est-à-dire, notre nature originelle, libre de toute préconception.
C’est pourquoi le bouddhisme zen se différencie d’autres religions comme le christianisme. Notamment, il ne dispose d’aucune bible et ne propose pas de rapport spécial à la foi et à Dieu. De même, il ne dit rien sur la prière ni sur la place du paradis et de l’enfer.
Le zen est plus simple, dans le sens où il met avant tout l’accent sur la pratique du zazen. Il propose des sutras, des cérémonies, des temples, mais tout gravite autour de la pratique fondamentale de la méditation zazen.
Qu’est-ce que le karma ?
Parfois confondu avec la destinée
en Occident, le karma est une notion importante dans le bouddhisme et d’autres voies, comme l’hindouisme.
On peut le traduire par action
(action du corps, de la parole et de l’esprit). C’est la loi de causalité, où chaque action, geste, mot ou pensée produit une influence immédiate ou future, comme une graine donne la plante quand les conditions sont réunies.
On parle alors souvent du karma en tant que bon
ou mauvais
. C’est le mouvement qui nous emporte dans la poursuite de plaisirs éphémères et l’évitement des souffrances, tout aussi éphémères. Néanmoins, le karma n’est pas une ligne fixe, mais un processus dynamique que l’on peut transformer par sa conscience et ses actions ici et maintenant.
Maître Kosen dit :
Zazen est un processus qui dénoue le karma, véritablement, profondément, à la racine. Ce n’est pas une méditation New Age agréable où l’on voit des petites fleurs, on a un beau petit sourire.
Bouddha est-il un dieu ?
Dans le bouddhisme, le Bouddha (563 - 483 av. J.-C.) était avant tout un humain, qui par la pratique de la méditation a réalisé qu’il était un bouddha, c’est-à-dire un être éveillé.
Bouddha n’est donc pas un dieu à vénérer.
Dans le bouddhisme zen, on emploie des statues de Bouddha que l’on salue, mais elles restent secondaires. On ne salue pas la statue en elle-même, mais ce qu’elle représente, en nous.
Le bouddhisme zen est-il une secte ?
Parfois, dans des textes, le terme secte
peut être utilisé comme dans l’expression la secte Soto
. À l’origine, le terme n’est pas péjoratif, il est synonyme d’école
.
Cependant en Occident, il a bien souvent la signification de manipulation des individus dans un but nocif, d’abus en tous genres, ce qui n’est pas le cas du bouddhisme zen.
On ne vous demande pas d’adhérer à un quelconque dogme, juste de ne pas déranger la pratique des autres participants aux séances de zazen.
Le bouddhisme zen croit-il en la réincarnation ?
Oui, mais on ne s’en soucie pas, on n’en débat pas pendant des heures avec son mental en cherchant à convaincre tout le monde.
Pour le bouddhisme zen, l’important reste l’attention sur notre vie ici et maintenant, par la méditation zen (zazen) et l’activité dans l’instant présent (samu).
Le nirvana est-il le paradis bouddhiste ?
Ce terme signifie extinction
en sanskrit, et par extension, apaisement
puis libération
.
C’est l’extinction de notre ignorance, la finalité
du bouddhisme, une paix intérieure totale.
Le nirvana n’est pas non plus la mort comme on l’entend en Occident, mais plutôt la fin de la croyance en un ego autonome et permanent.
Il est cependant difficile de l’expliquer pleinement avec des mots, le langage étant par nature limitant. Cela reste une réalisation intime, au-delà des mots, au-delà de l’ego.
Qu’est-ce que le satori ?
Réponse de maître Deshimaru :
On ne peut pas le comprendre avec son cerveau. Par contre, si vous faites zazen, vous pourrez avoir le satori inconsciemment.
À quoi sert la pratique de zazen ? Qu’est-ce que cela peut m’apporter ?
On ne pratique pas zazen dans le but d’obtenir quelque chose (un bien-être, une tranquillité, etc.). Néanmoins, par la pratique, nous pouvons revenir à l’instant présent, nous défaire des surcouches de protection que l’on revêt afin d’évoluer dans notre société, réapprendre la simplicité de l’ici et maintenant
, sans artifice. C’est une expérience directe, non intellectuelle, où l’on découvre que tout est là, rien à ajouter, rien à retirer
, inconsciemment, naturellement, automatiquement. On peut donc en retirer, ou non, indirectement, des effets positifs sur la vie quotidienne.
Comment s'asseoir en zazen ?
La posture juste de zazen est décrite très précisément ici.
J’ai mal durant zazen, comment faire ?
La douleur est fréquente en zazen, que l’on soit débutant ou que l’on pratique depuis des années. La gestion
de la douleur tient principalement à l’attitude de l’esprit et du corps. La posture et l’attitude de l’esprit justes durant zazen sont décrites très précisément ici.
À quoi pense-t-on durant zazen ?
La posture juste de l’esprit durant zazen est décrite très précisément ici.
Peut-on pratiquer zazen chez soi ?
Zazen est une pratique qui n’est pas uniquement solitaire et face à soi-même. L’énergie de zazen provient également de la présence du groupe (la sangha) et d’un maître pour guider la pratique. Pratiquer dans un dojo est préférable à pratiquer seul chez soi. Néanmoins, la vie de chacun ne nous permettant pas toujours d’aller au dojo aussi souvent qu’on le voudrait, nous avons mis en place un groupe de pratique sur zoom, zazoom. Les pratiquants se réunissent donc virtuellement
, pour la pratique de zazen. Ensemble, mais à distance.
Pourquoi s’assoit-on devant un mur durant zazen ?
L’esprit est lisse durant zazen, ne s’arrête sur rien, ne repose sur rien, tel que le mur en face de nous. Ni à l’intérieur ni à l’extérieur, il nous permet un reflet en nous-mêmes. En pratique, cela facilite la concentration, permet d’échapper à toute distraction venant des autres ou de l’environnement.
Comment intégrer le zen dans ma vie quotidienne ?
Vivre le zen dans sa vie quotidienne, c’est avant tout vivre l’instant, ici et maintenant, avec simplicité, attention et authenticité. Inconsciemment, naturellement, automatiquement.
Pourquoi s’habiller différemment et chanter des sutras ?
Bien que les méthodes de bien-être soient très honorables et utiles, zazen n’en fait pas partie. Porter le kesa et chanter les textes que tout le bouddhisme a en partage est un moyen très sûr de s’inscrire dans la grande tradition du zen, sans dogmatisme ni rejet des autres traditions ou pratiques.