De nombreuses voies spirituelles et de bien-être ont aujourd’hui fleuri en Occident. Yoga, Pilates, pleine conscience, sophrologie, vipassana, qi gong, ou encore tai-chi : une profusion de choix s’offre aux personnes en quête d’une voie spirituelle ou de développement personnel.
Ces différentes voies ne sont pas forcément opposées. Si elles offrent des similitudes, chacun doit faire le point sur ses attentes pour ne pas être rapidement confronté à des déconvenues. Notamment, la pratique dans laquelle nous nous engageons est-elle destinée à mieux nous adapter à la société actuelle, ou est-elle un véritable chemin d’éveil spirituel ?
Le yoga, une des voies les plus populaires
Le yoga, sous une forme souvent déspiritualisée, a récemment connu un fort développement en Europe. Les studios de yoga mettent cependant plus souvent l’accent sur les postures (asana) et les exercices respiratoires (pranayama) que sur l’aspect spirituel.

La posture du lotus
La posture de méditation zen (zazen), cœur du bouddhisme zen, provient du yoga originel indien.
Le yoga présente la posture du lotus comme la posture de méditation la plus adéquate. D’ailleurs, le Bouddha l’a adoptée, c’est bien parce qu’elle était partie intégrante du yoga tel que pratiqué en Inde depuis bien déjà bien avant le Bouddha historique.
Cependant, cette posture n’a pas une position centrale, et on ne la pratique qu’occasionnellement. Elle est considérée comme difficile est réservée aux pratiquants avancés.
Approche directe ou progressive ?
Le yoga traditionnel, tel que le yoga Ashtanga, propose un éveil progressif, par étapes successives.
Le bouddhisme zen, depuis sa période chinoise jusqu’à aujourd’hui, propose une approche directe. Vous rentrez tout de suite dans la méditation la plus élevée, sans étapes, par la seule posture juste. Cette posture n’est pas nécessairement le lotus complet. Des variantes plus accessibles, telles que le tailleur, le quart de lotus, ou le demi-lotus, sont proposées aux débutants.
Une approche complémentaire
De nombreux pratiquants de la méditation zen (zazen) pratiquent également le yoga, font du sport, du tai-chi, du qi gong ou des arts martiaux. Ils s’adonnent souvent à ces pratiques complémentaires pour leur dimension physique principalement, pour ne pas se disperser dans deux voies spirituelles.
Par exemple, en tant que pratiquant zen, on peut pratiquer les asanas du yoga sans forcément se plonger dans l’étude des textes yogiques. La pratique régulière du yoga aide énormément le zazen, et dans la Kosen sangha, ce sont souvent les pratiquants de yoga qui parviennent à pratiquer en lotus complet !
Le Pilates, un yoga plus moderne
Proche du yoga sur les postures (asana), le Pilates est plus récent (début du XXe siècle).
L’aspect spirituel est ici plus ou moins occulté, voire totalement absent. Il s’agit plus d’une gymnastique, qui, tout comme les postures de yoga, peut être bénéfique pour la posture de zazen.
La pleine conscience, méditation grand public
Aussi appelée mindfulness
, la pleine conscience est une approche de la méditation occidentale à visée essentiellement thérapeutique. Elle est notamment conseillée pour traiter le stress ou la dépression.
Bien qu’il prenne racine dans le bouddhisme, ce mouvement s’en est détaché et a totalement occulté la dimension spirituelle.

Si le zen est sans but, la pleine conscience a un objectif thérapeutique affiché. Non que la méditation zen (zazen) n’apporte pas de bénéfices pour la santé physique et mentale, bien au contraire, mais ils ne sont pas recherchés pour eux-mêmes. Zazen, c’est voir au-delà de son ego personnel, il n’y a donc plus de je
qui dit maintenant je vais bien
.
L’attitude de l’esprit de la pleine conscience est similaire à celle de zazen (laisser passer les pensées). Cependant, l’accent sur la posture y est souvent moindre. Le zen insiste sur une posture juste des jambes, des mains, du dos, de la tête, du regard, qui favorise une respiration calme et une pensée au-delà de la pensée, dénommée hishiryo (voir Comment pratiquer la méditation zen (zazen)).
La pleine conscience ne s’oppose en rien à zazen. Elle peut même être une bonne porte d’entrée vers zazen pour ceux qui, une fois les buts thérapeutiques atteints, souhaitent s’engager dans l’aventure passionnante d’une voie spirituelle profonde.
La sophrologie
De même que la pleine conscience, la sophrologie est une approche occidentale de développement personnel. Elle utilise pour cela différentes techniques qui viennent entre autres de divers courants comme le yoga ou le bouddhisme. Elle propose des exercices de visualisation, de respiration, de méditation et de thérapie de groupe.
Comme la pleine conscience, on va donc souvent avoir un but, une visée thérapeutique pour soi. Là aussi, cette pratique se différencie de la méditation zen (zazen), qui est sans but personnel.
Tout comme la pleine conscience, la sophrologie ne s’oppose pas à zazen, comme en témoigne la conférence de maître Kosen au 23ᵉ congrès de sophrologie.
Vipassana
Le vipassana est une pratique de méditation issue de courants distincts du bouddhisme zen, comme le theravada.
Contrairement à la méditation zen (zazen), la méditation en vipassana est moins codifiée, l’accent sur la posture y est moins important, à différents degrés selon le pays et le centre de pratique.
Dans un dojo zen, l’accent est mis d’emblée et continuellement sur la posture de méditation juste, la respiration correcte, et l’attitude de l’esprit exacte.
Qi gong et tai-chi
Originaires de Chine, le qi gong et le tai-chi sont des sortes de méditation en mouvement, où l’attention est portée sur des enchaînements de mouvements lents et la respiration.
Le zen comporte également une méditation en mouvement, le kinhin, marche méditative entre les séances de méditation assise. L’activité dans l’instant présent (samu) qui a lieu dans les centres zen et lors de retraites, est également une méditation centrée sur les gestes du quotidien.
Certains pratiquants de zazen pratiquent également ces voies pour soutenir leur pratique spirituelle de la méditation zen (zazen). Comme pour le yoga, il faut toutefois veiller à ne pas se disperser dans de trop nombreuses voies en parallèle. En soi, la pratique du zazen est entière et ne nécessite pas une pratique complémentaire.
Une bonne hygiène de vie et un corps en bonne santé favorisent toujours une bonne posture méditative !
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