Aujourd’hui, en Occident, le bouddhisme tibétain est beaucoup plus connu que le bouddhisme zen. Mais au-delà de leur notoriété respective, quelles sont les différences entre ces deux écoles du bouddhisme ?
Le zen est souvent vu comme une voie minimaliste et directe. Il repose sur une unique méthode de méditation, à approfondir toute une vie.
Le bouddhisme tibétain, quant à lui, propose une grande diversité de techniques et d’étapes, et repose sur un rituel plus riche.
Une origine géographique commune
Le bouddhisme est né dans le nord de l’Inde, à la frontière du Népal, de l’illumination et de l’enseignement de Shakyamuni Bouddha.
À partir du Bouddha se sont créées des lignées de maîtres qui ont transmis le Dharma, la Loi bouddhique, à un ou plusieurs disciples. Le bouddhisme s’est progressivement diffusé en Inde et au-delà, et certaines de ces lignées ont perduré jusqu’à nos jours.
Au Tibet, le bouddhisme s’est imprégné des croyances et des pratiques animistes locales. En Chine, il devient le chan
. Au Japon, il prend le nom de zen
(voir l’histoire du zen).
Un enseignement différent
Dès l’origine, les bouddhismes zen et tibétain se différencient largement quant aux méthodes d’enseignement.
Le bouddhisme tibétain comporte de nombreuses branches, qui toutes dispensent un enseignement graduel. Le pratiquant doit franchir de nombreuses étapes avant d’atteindre la méditation suprême, celle en posture de Bouddha, qui l’a mené à l’éveil.
Le bouddhisme zen emploie une méthode plus directe et enseigne immédiatement la posture juste à tout débutant désirant sincèrement connaître et pratiquer la posture du Bouddha illuminé, zazen.
Dans le bouddhisme tibétain, les méditations ont également une place importante, mais la posture du corps est moins rigoureuse que dans le zen, où la posture juste de zazen est très importante. Les maîtres et enseignants des dojos apportent un soin tout spécial à aider les pratiquants, novices comme expérimentés, à trouver et garder cette posture.
La méthode de transmission
La méthode de transmission du Dharma est également différente. Le successeur du Dalaï-Lama, un des chefs spirituels du bouddhisme tibétain, est un enfant chez qui l’on trouve des signes indiquant qu’il est la réincarnation de son prédécesseur.
Dans le bouddhisme zen, la transmission se fait de maître à disciple, I Shin Den Shin
, de mon esprit à ton esprit, et est officialisée par une cérémonie secrète appelée shiho
.
Des lieux de pratique plus ou moins sobres
Les temples tibétains sont riches en couleurs et en dorures, sculptures et peintures.
Les temples zen, plus encore les temples de la lignée de maître Deshimaru, tels le temple zen Yujo Nyusanji en Europe et le temple zen Shobogenji en Amérique latine, que les temples japonais, sont sobres et dépouillés.

Quel courant choisir ?
Il ne s’agit pas ici de dire quel courant est meilleur que l’autre. Le sommet de la montagne spirituelle est unique, mais divers chemins y mènent. Tout dépend de votre sensibilité et des rencontres qui ont émaillé votre vie.
La méditation zen (zazen) est souvent vue comme la voie abrupte et directe vers le sommet de la montagne. Le téléphérique, comme disait maître Kosen. Ce chemin nécessite de la volonté, de la patience, et de la persévérance, toutes qualités qui s’acquièrent à l’aide d’une pratique régulière, d’une étude approfondie et… d’un guide de haute montagne !
Quelle est la meilleure branche du bouddhisme ? Essayez par vous-même ! Vous pourrez alors juger ce qui vous convient le mieux.
