L’Hannya Shingyo est appelé Le Sutra du Cœur car il représente le cœur de la grande sagesse. Il fut écrit entre le 1er et le 6e siècle de notre ère. Commun à toutes les lignées du bouddhisme, il est certainement le sutra le plus connu. Le bodhisattva Avalokitesvara donne un enseignement à Sariputra sur la vacuité de tout être et de toute chose, car aucun d’eux ne possède de caractère fixe ni substantiel. Tout est impermanent et existe en interdépendance et non uniquement par soi-même.
L’Hannya Shingyo est chanté lors de la cérémonie qui suit le zazen, sous sa forme Kanbun (phonétique ancienne-sanskrit-chinois ancien) :
Texte en kanbun (chinois classique)

Texte en kanbun (phonétique)
Maka Hannya Haramita Shingyo
Kan ji zai bo satsu. Gyo jin han-nya ha ra mi ta ji. Sho ken go on kai ku. Do is-sai ku yaku. Sha ri shi. Shiki fu i ku. Ku fu i shiki. Shiki soku ze ku. Ku soku ze shiki. Ju so gyo shiki. Yaku bu nyo ze. Shari shi. Ze sho ho ku so. Fu sho fu metsu. Fu ku fu jo. Fu zo fu gen. Ze ko ku chu. Mu shiki mu ju so gyo shiki. Mu gen ni bi ze-shin ni. Mu shiki sho ko mi soku ho. Mu gen kai nai shi mu i shiki kai. Mu mu myo yaku mu mu myo jin. Nai shi mu ro shi. Yaku mu ro shi jin. Mu ku shu metsu do. Mu chi yaku mu toku. I mu sho toku ko. Bodai sat-ta. E han nya ha ra mi ta ko. Shin mu kei ge mu ke ge ko. Mu u ku fu. On ri is-sai ten do mu so.Ku gyo ne han. San ze sho butsu. E han-nya ha ra mi ta ko. Toku a noku ta ra san myaku san bo dai. Ko chi han-nya ha ra mi ta. Ze dai jin shu. Ze dai myo shu. Ze mu jo shu. Ze mu to do shu. No jo is-sai ku. Shin jitsu fu ko. Ko setsu han-nya hara mi ta shu. Soku setsu shu watsu.
Gya tei gya tei hara gya tei.
Hara so gya tei bo ji so wa ka.
Han-nya shin gyo.
Traduction
Essence du Sutra de la Grande Sagesse qui permet d’aller au-delà
Le Bodhisattva de la Vraie Liberté et de la compassion, par la pratique profonde de la Grande Sagesse, comprend que le corps et les cinq skandas (sensation, perception, pensée, activité, conscience) ne sont que vacuité, Ku, et par cette compréhension, il aide tous ceux qui souffrent.
Ô, Sariputra, les phénomènes ne sont pas différents de Ku, Ku n’est pas différents des phénomènes. Les phénomènes deviennent Ku, Ku devient phénomène (la forme est le vide, le vide est la forme), les cinq skandas sont phénomènes également.
Ô, Sariputra, toute existence a le caractère de Ku, il n’y a ni naissance, ni commencement, ni pureté,ni souillure, ni croissance, ni décroissance. C’est pourquoi, dans Ku, il n’y a ni forme, ni skandas, ni œil, ni oreilles, ni nez, ni langue, ni corps, ni conscience.
Il n’y a ni couleurs, ni sons, ni odeur, ni goût, ni toucher, ni objet de pensée. Il n’y a ni savoir, ni ignorance, ni illusion du déclin et de la mort. Il n’y a ni origine de la souffrance, ni cessation de la souffrance. Il n’y a pas de connaissance, ni profit, ni non-profit.
Pour le Bodhisattva, grâce à cette Sagesse qui conduit au-delà, il n’existe ni peur, ni crainte.
Toute illusion, tout attachement sont éloignés et il peut saisir la fin ultime de la vie, le Nirvana.
Tous les Bouddhas du passé, du présent et du futur, par cette incantation (mantra) incomparable et insurpassable qui permet de trouver l’authentique réalité, Ku, peuvent atteindre la compréhension de cette Suprême Sagesse qui délivre de toute souffrance.
Voici cette incantation :
Aller, aller, aller ensemble au-delà du par-delà sur la rive du Satori.