Question
... (ici,toutes les citations sont de vous) "Chaque jour il faut aller au point zéro, à la racine, au nirvana, à l'origine, appelez çà comme vous voulez. Il est fondamental dans la pratique bouddhiste d'être sans but. [...] l'éveil est l'état originel de toute chose. [...] C'est pourquoi on dit: s'éveiller avec les dix milles existences".
"Tout dans l'univers tend vers quelque chose. [...]C'est le mouvement vital universel qui fait que dans la vie, il faut avoir un but, sinon on est un légume. [...] Quand dans la vie on n'a plus aucun but, la vie s'achève. [...]Alors qu'est-ce que moshutoku dans la vie quotidienne? Senseï disait: Il ne faut pas cacher sa queue. Il ne faut pas cacher son karma. Ce qui signifie, il ne faut pas garder notre motivation cachée. [...] Pour ce qui de mushotoku au sein même de zazen, il faut comprendre que contrairement à tout le reste de l'univers, zazen n'est pas en expansion puisqu'il tourne sa lumière vers l'intérieur. C'est en quelque sorte un trou noir."
Comment donc, Maître Kosen, dans la vie quotidienne, et non au sein même du zazen, être sans but, aller au point zéro, à la racine, au nirvana, et ce, quelque soit mon activité, quelque soit même l'existence que je mène?
"L'essence de l'enseignement zen au travers de l'action est exprimé par le terme Mushutoku. Si vous réalisez Mushutoku, vous avez le satori, vous êtes un bouddha, vous êtes libres, vous êtes justes, vous êtes naturels, vous êtes non-duels".
Ce dehors du zazen me pose question par exemple lorsque vous parlez des actions pouvant définir un authentique Maître. "Le plus important en premier lieu pour juger d'un maître est de savoir quel fut son Maître, combien de temps il l'a suivi, avec quelle intensité, de qui il a reçu le siho, et enfin s'il continue la pratique avec force à l'égal de ses disciples. S'il reste dans sa chambre et se contente d'avoir des entretients avec ses disciples, c'est un mauvais Maître. Il y a de très grands Maîtres qui aimaient faire l'amour, boire de l'alcool ou manger de la viande. Cela est secondaire, s'ils sont plus forts que leurs passions. [...] Si le Maître est nul, même s'il suit parfaitement les préceptes et qu'il est tout à fait conforme au puritanisme [...] il n'en demeurera pas moins nul."
Comment donc, Maître Kosen, réaliser Mushutoku dans la vie quotidienne?
A la question "comment on choisit un Maître?" vous répondez "il faut devenir son propre Maître."
Comment donc, Maître Kosen, dans la vie quotidienne, et non au sein de zazen: revenir à la racine, réaliser Mushutoku, devenir son propre Maître?
Gassho.
machin
Réponse de maitre Kosen
Restons simple, ne mélangeons pas tout. Le zen est tout d’abord une expérience et l’on ne peut en comprendre la substance véritable par les mots. Même si les mots sont parfois utiles à une certaine forme de communication et qu’ils peuvent former dans notre cerveau des images qui peuvent apparemment satisfaire notre curiosité ou calmer notre doute anxiogène.
Votre question en substance est : « Comment donc, Maître Kosen, réaliser Mushutoku dans la vie quotidienne?
La spécificité de zazen est d’arrêter et de couper, avec la vie quotidienne. De rentrer dans le silence et l’immobilité de la dimension de Mushotoku. C’est en cela qu’il est bénéfique parce qu’il rééquilibre une tendance unilatérale d’expansion qui caractérise l’univers de la vie quotidienne.
Pouvoir faire le chemin contraire en revenant au point zéro est extrêmement bénéfique, mais il ne s’agit pas de passer sa journée à rester assis les jambes en bretzel en disant qu’il n’y a aucun but à atteindre.
Ma réponse sera donc : réaliser Mushutoku dans la vie quotidienne?
C’est comprendre qu’on ne l’est pas.
Kosen