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l'animal?

Maître Kosen – Publié le 24 septembre – psychology

Question

Le lien le plus fort, le plus fiable, le plus fort, le plus durable que j'ai pu avoir en ce monde, c'était avec un animal. Aujourd'hui cet être n' est plus. D'autres aussi , des humains notamment ont cessé de vivre autour de moi, mais eux, sont partis, se sont "éloignés" finalement. Pour lui immobile d'une manière, comme pour moi, immobile d'une autre, le temps ne passe plus. C'est à la lumière angoissante des moments douloureux que s'acquiert, parfois la compréhension, de ce qu'est zazen, ce retour vers l'intérieur de la lumière, cette entrée dans le cercueil, ce silence particulier qui laisse à la même distance les choses heureuses et malheureuses. En ce qui concerne mon ami disparu, il semble meler dans mon souvenir les moments les plus lumineux et ceux les plus sombres. D'une chose à son contraire il n'y a qu'un pas. Depuis longtemps donc dans ce mondo, il m'arrive de chercher les propos relatifs aux animaux, mais je suis toujours déçu. D'ailleurs je les connais presque par coeur toutes questions-réponses là.
Une fois encore, donc, j'ai refais le chemin. "C'est certain que ce qui fait la différence entre l'être humain et les animaux, c'est la conscience d'être.". C'est un point de vue qui nous dit que les humains ne sont pas comme les animaux. Mais les animaux, de l'amibe à la baleine sont-ils de ce point de vue là tous pareils, et qu'est-ce qui fait la différence entre tous les êtres humains?... Non ce n'est pas la question que je devine intuitivement en moi, celle adressée au maître zen. Ca, c'est de l'aliment pour une discussion de couloir à la fac. Genre histoire drôle, style "c'est l'histoire d'un psy d'un philosophe et d'un sociologue que rentrent dans un bordel, ...."
"Mais cette conscience particulière à l'homme est à double tranchant. Elle lui devient néfaste et se retourne contre lui s'il ne peut s'éveiller à sa véritable vocation d'être humain". De prime abord, c'est assez freudien, c'est l'expression en langage métaphysique du conflit névrotique entre le ça et le surmoi. Une question me vient à l'esprit: pourquoi cette conscience deviendrait-elle néfaste? En quoi le fait de pouvoir s'éveiller à sa véritable vocation d'Être humain ferait se retourner contre lui sa conscience si particulière? Pourquoi le fait de ne pouvoir s'éveiller à sa véritable vocation d'Être humain, ne permettrait pas à l'espèce humaine de vivre sa vie d'espèce jusqu'à ce que, par extinction ou par mutation successives elle cesse d'être humaine et devienne une espèce autre? En ce monde impermanent, serions nous si ce n'est en tant qu'individu, mais en tant qu'espèce: immortels, éternels?... Non ça c'est la version névrotique du lien entre pulsion de vie et pulsion de mort, et puis je n'ai pas l'impression d'avoir atteint la question dont je ressens la poussée en moi. (on ne sort pas de la pulsion décidément).
Parmi les mondos, il y a le type qui dresse les chiens et il est embêté par la contrainte que le fait de contraindre un animal, ç a puisse être un obstacle à sa vie spirituelle. Outre le fait comme vous dites dans un autre mondo que le doute peut nous grandir tout autant que la foi, on peut se demander quelle est la raison d'exister de l'animal? Est-ce de me servir de nourriture, d'outil, de jouet, de divertissement, de main d'oeuvre pas chère, pourquoi existe-t-il? Et l'être humain, quelle est sa raison d'exister? Est-ce de servir de nourriture, d'outil, de jouet, de divertissement, de main d'oeuvre pas chère, pourquoi existe-t-il? Là aussi est-ce que tous ceux qui sont dans un même camp sont pareils? Avant le fondamental, il y a le sensible, le particulier, l'expérience dans le réel quoi? c'est à partir de là qu'il faut construire sa maison, pas sur du sable, encore moins sur de la fumée.
Et puis il y a la question non pas de savoir pourquoi l'humain existe, pourquoi l'animal existe, mais la question de leur destin, de leur vocation, là où leurs pentes respectives (identiques ou différentes, va savoir...) les mènent (vers le haut, vers le bas sur un même chemin?).
C'est à ce moment là que la lumière est apparue (si on peut dire), en une seule fois, comme toujours. La question qui me procure la sensation de la trouvaille, le signal que j'ai appris à connaître, est la suivante.
Il ne s'agit pas du distingo entre l'animalité et l'humanité, ni du distingo entre vocation des uns et des autres. Tous ces mondo mettent en scène la question suivante: pour le Zen, le fait pour un individu (qu'il soit humain ou non) de rencontrer quelqu'autre quelque soit cet autre, humain, non humain, c'est quoi? Voila la question, MA question, que je pose au maître zen Kosen.
Bonne journée!

....... gassho. (Machin)

machin

Réponse de maitre Kosen

Le fait pour un individu de rencontrer quelqu’un d’autre, quelque soit cet autre, (humain, non humain), c'est tout simplement l’ouverture de son cœur « shin » en japonais, que l’on traduit également par "esprit".

Ouvrir son cœur, c’est accéder à la conscience universelle qui existe depuis la création de l’univers et qui est précisément cette rencontre avec l’esprit, qui se traduit par de l’amour. C’est dieu qui rencontre dieu et dieu est amour depuis toujours et pour toujours.

Kosen


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