Question
Je pratique zazen depuis maintenant dix ans, d’abord seule puis à l’AZI et de nouveau seule. J’essaie aussi , dans ma vie quotidienne d’être le plus possible dans l’attention, dans la réalité présente. Paradoxalement, alors que je me sens moins comme une “montagne russe” au niveau de mon état émotionnel et psychique profond, et que mon humeur en est plus égale, ma relation au monde plus apaisée, depuis quelques temps - bien qu’il faut l’avouer j’ai toujours été, avec moi d’abord, avec mes proches ensuite, d’une intransigeance assez forte (souci de perfection, besoin de franchise à tout crin) -, donc depuis quelques mois (voire même plus) je me surprends à ressentir des bouffées d’irritabilité dès que quelqu’un fait “un pet de travers”, en réalité dès qu’il manque à sa parole ou n’est pas complètement franc. J’ai un mal de chien à souffler et laisser passer cette émotion, elle se manifeste malgré moi, avant toute conscience de ce qu’elle est et elle m’entraîne, inévitablement, trop loin : je dis (si c’est un proche en fait) ce que j’en pense. Et même si j’ai la force de ne pas parler, cet irritation, cette blessure (car je le ressens comme tel, même s’il n’y a pas lieu de dramatiser à ce point) cette blessure, donc finit tôt ou tard, par ressurgir, à la suite d’un autre frottement avec cette personne et je crache, encore une fois tout ce que j’ai sur le coeur, pas violemment, mais en argumentant (de façon trop péremptoire ça c’est sûr) et la suite de cet échange peut vite virer en eau de boudin : je m’emporte. J’ai presque l’impression de régresser (ou de ne jamais l’avoir dépassé) à un stade infantile où si le monde n’est pas en mon pouvoir,ne fonctionne pas comme je le souhaiterais, tout mon corps bout de colère, d’insatisfaction, de blessure narcissique. Mal de chien en fait à ne pas me sentir touchée, à laisser glisser, à ne pas me sentir accablée (peut-être par des accumulations de blessures anciennes qui referaient surface à ce moment-là, réactivées par une broutille), bref je ne sais pas. Je voulais être claire et concise, c’est un peu raté, désolée, bonne journée à vous
Anonyme
Réponse de maitre Kosen
Je comprends, je crois que je suis encore pire que vous et je crois que c’est quelque chose de général, de social. Notre conscience est en train de changer, on en peut plus du niveau de mensonge et d’injustice de gâchis de la société actuelle. Un avenir, même si on fait semblant de ne pas le voir, de plus en plus incertain, beaucoup de tension trop d’informations, on doit absolument réussir a maitriser nos émotions et notre colère, le temps du zazen est précieux et peut nous aider.
Kosen