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J'avais une question à vous poser au sujet du sexe et de l'abstinence

Maître Kosen – Publié le 23 octobre – love-and-sexuality

Question

La dernière fois, lors d’un mondo à Shobogenji, vous avez dit qu’il était plus facile pour les femmes de trouver Dieu, et cette idée m’est restée en tête. J’avais une question à vous poser au sujet du sexe et de l’abstinence, car le sexe m’a toujours fait plus de mal que de bien. Parce qu’il est mal vécu. Il y a une essence véritable qui se perd aujourd’hui ; nous avons besoin de la réinventer.
Mais comme, pour le moment, je ne me sens pas encore aussi puissante, je voudrais vous interroger sur l’abstinence sexuelle. Quel nom affreux, on dirait une maladie ! Il y en a un autre, pire encore : le célibat. Enfin, quelle que soit la manière de le dire en français, ce sera mieux.
Comment utiliser cette énergie pour qu’elle n’engendre plus de mal ni de destruction ?
Je parle du sexe.
Je voulais aussi vous demander si vous pouviez développer un peu les techniques permettant de faire circuler cette énergie et, en tant que femme, de changer le monde par le seul désir de le faire.
N’oubliez pas que je vous aime, kóko.

Anonyme

Réponse de maitre Kosen

Bonjour Kokó,

Stephane m’a transmis votre question pour que j’y réponde. En tant que femme ou en tant qu’abstinente ? Je ne sais pas. Il est vrai que nous nous trompons souvent sur nos compagnons et qu’en fin de compte, ce n’est que de la chimie, alors que nous voulions une histoire d’amour, voire un roman en dix volumes. Avec l’énergie sexuelle, il y a trois possibilités : soit vous l’utilisez avec un compagnon, soit avec vous-même, soit vous la sublimez jusqu’à l’oublier. Tout dépend des circonstances de votre vie et, surtout, de votre âge. Dans le premier cas, la plupart des gens se comportent comme des animaux : du sexe, du sexe, du sexe, et voilà, je satisfais mes désirs, je m’achète un mari, puis soit tout va bien, soit je m’ennuie jusqu’à la fin de ma vie. Je crois que notre société a connu trop de censure autour du sexe, puis trop de liberté, et que très peu de gens ont pu aimer sexuellement, je veux dire trouver l’union complète avec un autre être. C’est un bel idéal. Le sexe en solitaire est un bon remède à la solitude, mais cela ne doit pas devenir une habitude. C’est un peu triste, non ? L’abstinence doit naître d’un regard sur son karma et de l’observation de l’ensemble de sa vie. Il faut se poser des questions : qu’est-ce qui est important pour moi, vivre seule ou vivre avec un homme ? Ou encore : cet homme qui veut me séduire, que cherche-t-il exactement, de quoi a-t-il besoin ? Puis-je lui donner ce dont il a besoin, ou ai-je d’autres choses à faire, plus importantes ? Peu à peu, vous voyez quelle vie vous voulez, au lieu de suivre la première bite qui passe. Mais il ne faut pas vous fermer. Il faut toujours laisser la porte ouverte : peut-être qu’un jour, l’être aimé apparaîtra. Il existe des exercices de respiration dans le taoïsme ; si cela vous intéresse, cherchez un livre de Mantak Chia.
Courage.

Cordialement,

Kosen


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