Question
Même un maître zen peut avoir besoin d’aide et je suis quelqu’un de très généreux, aussi vais-je vous dire une chose : d’abord, vous faites une fixation sur les Églises en ignorant que les écoles zen sont des Églises déguisées, autrement dit des sectes. Ensuite, je dois vous dire que les Églises ne tirent pas profit des prêtres, mais comptent de nombreuses personnes qui ont la foi, une vraie foi. Quand vous ressentez la kundalini, eux verront la Vierge, par exemple, car, voyez-vous, ce qu’il est important de comprendre, c’est que les religions sont des vecteurs d’inclusion de l’Absolu. Le problème n’est donc pas la religion, mais la manière d’être dans la religion… Vous dites vous-même cette phrase : quel zen pratiquez-vous ? Si vous pratiquez un mauvais zen, il n’y a pas d’éveil ; si vous pratiquez un vrai zen, c’est l’éveil IMMÉDIAT. Vous pouvez aussi être éveillé et être catholique ou musulman… Je comprends votre passion, mais les lecteurs n’en ont pas besoin. Ils ont justement besoin de comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est possible et ce qui est impossible. Et c’est le premier défaut du zen : dévaloriser la compréhension, l’explication et la philosophie, et survaloriser la pratique de zazen. Comment une personne va-t-elle interpréter une expérience mystique si elle ne sait pas la comprendre et si personne ne sait la lui expliquer ? Son interprétation sera erronée. Le deuxième défaut du zen réside dans sa lourdeur culturelle, sa forme : la position assise doit être de telle manière, les vêtements, etc. Autant de choses inutiles. Il faut revenir à l’essentiel, et l’essentiel est l’esprit ou la conscience. Il faut aller au fond du problème de l’esprit et ne pas se concentrer sur la forme, car, depuis des millénaires, la forme est devenue prioritaire dans les religions, et même dans le zen.
Anonyme
Réponse de maitre Kosen
« Même un maître zen peut avoir besoin d’aide et je suis quelqu’un de très généreux, aussi vais-je vous dire une chose : d’abord, vous faites une fixation sur les Églises en ignorant que les écoles zen sont des Églises déguisées, autrement dit des sectes. »
C’est justement en référence aux écoles zen que je critique l’Église, et c’est en référence à l’Église ou aux Églises que je critique le zen.
Vous confirmez mes propos lorsque vous dites : le problème n’est donc pas la religion, mais la manière d’être dans la religion… Vous savez bien que Jésus a été crucifié sous la pression de l’Église de l’époque et que, s’il revenait aujourd’hui, il ne serait pas longtemps le bienvenu au sein du Vatican.
« Vous dites vous-même cette phrase : quel zen pratiquez-vous ? Si vous pratiquez un mauvais zen, il n’y a pas d’éveil ; si vous pratiquez un vrai zen, c’est l’éveil IMMÉDIAT. Vous pouvez aussi être éveillé et être catholique ou musulman… »
Tout à fait d’accord.
« Ils ont justement besoin de comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est possible et ce qui est impossible. Et c’est le premier défaut du zen : dévaloriser la compréhension, l’explication et la philosophie, et survaloriser la pratique de zazen. Comment une personne va-t-elle interpréter une expérience mystique si elle ne sait pas la comprendre et si personne ne sait la lui expliquer ? Son interprétation sera erronée. »
C’est exactement ce que j’explique, en particulier dans le Fukanzazengi du futur.
« Le deuxième défaut du zen réside dans sa lourdeur culturelle, sa forme : la position assise doit être de telle manière, les vêtements, etc. Autant de choses inutiles. Il faut revenir à l’essentiel, et l’essentiel est l’esprit ou la conscience. Il faut aller au fond du problème de l’esprit et ne pas se concentrer sur la forme, car, depuis des millénaires, la forme est devenue prioritaire dans les religions, et même dans le zen. »
Aller au fond du problème de l’esprit, c’est comprendre que l’esprit et la forme sont un, comprendre l’esprit comme matière et la matière comme esprit.
Kosen