QUESTION (résumée) :
Est-ce que zazen ne fait pas de nous des êtres dénués de sentiments, de sensibilités ?
QUESTION (originale) :
Depuis que je pratique zazen j'ai l'impression d'avoir fait un grand ménage de printemps en moi-même. J'ai purifié un de mes mauvais karma (il en reste encore quelques uns, il y a encore du travail à faire), mon existence me parait plus simple, j'angoisse moins pour un oui ou pour un non et je ne
culpabilise 'presque' plus.
J’ai pris conscience que le décès de ma mère il y a 2 ans a été un soulagement pour moi et que je ne suis plus attaché à ma famille (frères soeurs etc...), je sais il y plein de 'JE' dans mon résumé.
Question : suis-je un monstre, est-ce que zazen ne fait pas de nous des êtres dénués de sentiments, de sensibilités ? J'ai un peu peur de me 'dépersonnaliser'.
REPONSE :
Pratiquant du zazen depuis plus de 35 ans, j’ai vu au contraire ma sensibilité et mon amour se développer considérablement voire même mon attachement humain grandir. J’aime la vie, j’aime les gens, je ne veux jamais quitter ceux que j’aime. C’est aussi le fait de Bouddha de vouloir adopter en son amour toutes les existences. Ne défigurez pas le bouddhisme par votre incompréhension, caricatures, caricatures voilà les images qu’on nous donne de nos aspirations les plus hautes. Le zen n’est pas ascétisme, il est notre véritable aspiration d’humain.
Toutes vos aspirations humaines même celles qui vous paraissent les plus basses comme vouloir de l’argent, vouloir baiser, vouloir du pouvoir etc… sont à l’origine aspirations divines. Vous devez retrouver la pureté originelle de vos aspirations. Donc être attaché à sa famille est très positif, il faut malgré tout faire évoluer la relation, la rendre sublime chaque jour d'avantage, c’est ce que vous avez fait avec votre mère, c’est super. Et bien continuez zazen dans la liberté dans l’amour et dans la générosité.
KOSEN!