| QUESTION : Peut-on considérer que tout est travail ? |
| Peut-on considérer que tout est travail ? Malgré moi en opposition à ceux qui passent leur temps à dire et à supposer et donc à dénigrer toutes activités des autres que les autres ne font rien sous prétexte de leur profession différente, de leur activité, de leur jeunesse, de leur statut d'étudiant, de leur âge, sexe, pays d'origine, voir même en occultant toute possibilité de maladie invalidante. Je me pose la question de savoir pourquoi ces personnes pensent qu'elles sont les seules à travailler et surtout éprouve tant de colère vis à vis des personnes auxquelles elles s'adressent à priori sans connaître les raisons. Mais les raison, peuvent elles être mis en avant sans pour autant chercher à trouver du travail? A quel âge faut-il se mettre en colère contre un enfant pour le forcer à travailler ? Finalement quel est le sens de la manière horrible dont on peut entendre les parents s'adresser à leur enfant au sujet de l'apprentissage au travail. ' Travails, tu me couteras moins cher' , ' Pourquoi je t'ai fait ? ' Pourquoi ce rapport à l'argent et à gagner sa vie se transmet plutôt souvent sur le mode de la culpabilité d'être. Pourquoi y a-t-il cette confusion dans mon esprit? Cette barrière entre amour et argent ? Merci de votre réponse. |
| REPONSE : |
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Dans le zen, le travail (samu en japonais) a toujours tenu une place importante, puisqu’il fait partie intégrante de la pratique. Le SAMU, c’est la compréhension et l’expérience de la matière en tant qu’esprit. À quoi bon vivre dans ce monde matériel si on ne réalise pas sa pensée au travers de la matière. Le travail dans cet esprit, deviens vraiment une panacée pour la conscience et est à la base des pouvoirs spirituels. Tous les grands maîtres l’ont pratiqué assidûment, voilà pourquoi, la majorité des histoires zen se passent dans les potagers, sur les chantiers, ou dans les cuisines des temples. Bien entendu, de nombreuses sortes d’activités comme la comptabilité, la couture, les réponses aux questions d’Internet ou la préparation d’enseignements sont considérées tout autant comme des samus à part entière. Remarquez que l'on compare fréquemment dans les histoires zen anciennes, l’esprit à un grain de sésame ou de riz ou à une tuile, ce qui pourrait paraître incompréhensible dans un contexte purement philosophique. Ce qui a perverti le sens du travail c’est avant tout à mon sens l’idée d’esclavage, de travaux forcés, où nous est volé, violé, notre créativité notre liberté et notre identité. Ce qui est le plus préjudiciable n’est pas la relation au travail mais la relation avec celui qui vous fait travailler. À ce moment, intervient la notion de viol plus fréquente que la notion d’amour. De nos jours, l’esclavage a pris une forme bien plus subtile qu’on appelle démocratie, le progrès est, que c’est de son plein gré qu’on sollicite son esclavage voire même qu’on le mendie. C’est le contexte social lui-même, qui laisse la grande majorité de ces citoyens sans autre alternative que d’accepter la situation d’être obligé de vendre son corps, son temps, souvent son âme ou son identité, pour pouvoir survivre, avoir un toit et nourrir sa famille. Et même là encore, au-delà du fait positif qu’il nous fait gagner de l’argent, au delà du fait négatif qu’il représente pour nous sacrifices et efforts, ce travail nous apporte encore et malgré tout, un équilibre fondamental et le sentiment d’être utile et d’exister. En effet votre question est remarquable et généreuse et vous touchez des points intéressants et malgré le fait que le mot travail lui-même soit fortement négatif (du latin 'tripalium', un instrument de torture) Vous avez raison de dire que tout est travail, et que tout est amour. KOSEN! |